Adolfo Kaminsky, une vie de faussaire by Sarah Kaminsky

By Sarah Kaminsky

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42es Journées nationales de la Société Française de Médecine Périnatale (Montpellier 17–19 octobre 2012)

Ce quantity, qui paraît pour les Journées annuelles de l. a. Société française de médecine périnatale est consacré, en 2012, aux trois thématiques principales de ces 42e Journées qui auront lieu � Montpellier du 17 au 19 octobre 2012 : los angeles trisomie 21, l'accouchement revisité, le diagnostic pré-implantatoire, los angeles peur en médecine périnatale, l. a. prise en cost obtétricale de l. a. femme obèse.

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Les rencontres prenaient l’apparence de rendez-vous amoureux. J’arrivais toujours le premier, apportant à chaque fois une rose. Ma « fiancée » et moi faisions alors une « balade », en prenant soin de nous échanger des regards tendres chaque fois que nous nous sentions observés. Quand nous nous séparions, chacun savait quelle était sa mission. Ce jour-là, je n’avais pas rendez-vous avec l’une de mes prétendues bien-aimées, mais avec Marc Hamon, alias « Pingouin », l’homme qui m’avait recruté lors de mon entrée en Résistance, lui aussi membre des EIF.

Chaque matin, il me suffisait, sans avoir à prendre le métro puisque c’était tout proche, de transporter les documents vierges au laboratoire de la 6e pour le remplissage. Nos services étaient mis à la disposition de tous. Les commandes pleuvaient. De plus en plus nombreuses. Elles venaient de Paris, de l’UGIF, de la zone Sud, de Londres. Le rythme que nous devions maintenir était à la limite du soutenable, parfois jusqu’à cinq cents documents par semaine. D’ordinaire, Loutre et moi effectuions les liaisons pour récupérer toutes les demandes.

L’expulsion par le corps d’émotions refoulées. Il ne me restait plus qu’à attendre patiemment ici que mon pouls revienne à la normale, que mes mains se décrispent, se dégourdissent. Combien de temps m’a-t-il fallu ? Je ne sais pas. Peut-être cinq ou dix minutes. Le temps d’avoir froid, et de me reprendre. Le temps de me souvenir pourquoi et pour qui j’étais là, à prendre des risques, et de me rappeler l’urgence de mon expédition. C’est cette urgence qui est venue m’extraire de mon hébétude dans le lourd silence du cimetière, me rappelant que je n’avais plus une minute à perdre.

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